• Dieu, la Terre, nous et les autres...

     

    Un événement a, il y a peu de temps, bouleversé la pensée occidentale, et pas seulement occidentale.


    Je parle ici de la révolution copernicienne1.


    Jusqu'à Copernic (1473 - 1543), l'on s'accordait à penser que la Terre était plate – mises à part quelques boursoufflures montagneuses – qu'elle était le centre immobile de l'univers, et que le soleil et tous les astres tournaient autour.


    Copernic puis d'autres (Galilée, Keppler, Newton et d'autres dont je n'ai pas regardé la liste sur le wiki) mirent bon ordre à ces billevesées : la Terre était ronde, tournait à la fois sur elle-même et autour du Soleil2.


    Cette perception scientifiquement plus proches des réalités célestes remirent beaucoup de choses en question.


    L'Église de l'époque ne s'y est pas trompé : si la Terre n'était plus le centre de l'univers, toute la théologie était remise en question. Bref, en s'approchant des secrets du ciel, on risquait de s'éloigner du paradis, en quelque sorte...


    On savait déjà, et ce depuis l'antiquité, que la Terre n'était pas la seule planète du système solaire.


    Nous eûmes droit alors à un florilège de pensées dangereuses.


    Entre la Sorbonne et Stockholm, Descartes vécu et nous pondit son Discours de la Méthode, en 1637. "Je pense, donc je suis !", affirme-t-il gaiement.


    Autrement dit: "Je suis capable d'affirmer mon existence par moi-même", ce qui ouvrait la porte à une question rémanente, mais de ce fait informulée: "Dieu existe-t-il ?" Question sacrilège...


    Plus tard, Frédéric Nietzsche lancera quelques bordées de son cru, et d'abord contre Descartes lui-même.


    Dire "Je pense", explique-t-il, est à mettre au rang des grosses bêtises, car la pensée vient d'elle-même, quand et comme elle veut, et ce n'est pas un "JE" qui la commande. Bref, penser n'est pas un acte volitif.


    Contre Dieu ensuite, il lancera son fameux "Dieu est mort !".

    *

    * *

    Assertion un peu rapide à mon sens: il faudrait d'abord s'entendre sur ce qu'on entend par "Dieu".

    S'il s'agit d'une entité en soi et pour soi, elle est donnée, par essence, comme inconnaissable.

    Si l'on ne peut la connaître, on ne peut se prononcer sur son existence, ni dans un sens ni dans l'autre.


    S'il s'agit d'un "principe actif", d'une notion agissante, il est clair que Dieu existe, cette notion est à la base de bien des actions humaines.


    De belles, dans tous les arts, et ceci depuis que l'Humanité produit de l'art: Dieu est présent dans la littérature, dans la musique, dans la peinture, dans l'architecture, etc...


    De tristement horribles: tant de guerres, de massacres ont été commis en son nom et le sont encore de nos jours.

    Mais a-t-on besoin de Dieu pour commettre des massacres ? L'Histoire montre qu'on peut très bien, pour cela, s'en passer...


    En ce sens, Dieu existe incontestablement. Et raser aujourd'hui la cathédrale Notre-Dame n'empêcherait pas qu'elle aurait quand même existé...

    *

    * *

    En 1724, fort des découvertes que j'ai évoqué plus haut, Fontenelle, en 1724, publie ses Entretiens sur la pluralité des mondes.


    Et, il y a deux ou trois décennies, les Américains lancent un programme de recherche de civilisations extraterrestres.


    Les frères Bogdanoff nous entretiennent de ces merveilleuses éventualités: nous ne serions pas seul dans l'Univers... Chic alors, des copains, peut-être, ou bien des méchants à qui pouvoir faire la guerre, on va bien rigoler !


    Eh bien, d'après le numéro d'octobre de la revue Science & Vie, macache !


    Sous le titre alléchant "Une Terre unique ?", cette revue nous explique qu'il est très possible que, seule, la Terre soit habitable par la vie.


    Des planètes hors du système solaire, non seulement on en a déjà trouvé un certain nombre, mais il semblerait que l'existence de planètes autour des étoiles soit un phénomène, sinon général, au moins très fréquent.


    Comme il y a cent mille milliards d'étoiles dans notre galaxie et qu'on estime à environ cent mille milliards le nombre de galaxies dans l'univers, même en ne comptant qu'une planète par étoile en moyenne, cela fait... 10000000000000000000000000000 planètes dans l'univers.


    Si j'avais le même nombre de centimes sur mon compte en banque, je pourrais acheter toutes les banques de la terre entière. Je résoudrais la crise en 24 heures, je vous en fiche mon billet...


    Mais voilà: aussi étonnant que cela paraisse, plus on étudie les choses, plus on s'aperçoit que la Terre est une planète exceptionnelle dans un système solaire lui-même exceptionnel.


    Bon, je laisse ceux que cela intéresse se procurer ce numéro de Science & Vie, à chacun de se faire une opinion.


    Deux remarques:

    Si la vie n'a pu se développer que sur Terre, cela remet en selle l'hypothèse d'un Créateur qui fabrique pour l'Humanité un petit coin de paradis.


    Comme je pense que cette idée est néfaste et constitue une régression3, je préfère me dire que, sur le nombre conséquent de planètes supposées exister, il peut en être où des circonstances favorables à la vie aient aussi eu lieu.


    1Si je dis ici "il y a peu de temps", c'est parce que l'Humanité existe depuis plusieurs millions d'années... Au regard de cette période, quatre siècles et demi ne sont qu'un court instant...

    2Sur le plan scientifique, c'est un peu plus compliqué : la Terre tourne "à peu près autour du barycentre du système Terre-Lune, par exemple.

    3Autant qu'une source de culpabilité insupportable: notre planète, nous sommes en train de la détruire. Nous détruirions donc la seule et unique planète où la vie est possible ? J'ai du mal à supporter cette idée.


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